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Sept ingrédients qui méritent leur place sur l'étagère : ce que chacun apporte, quel goût il a, et comment s'en servir.
Les listes de tendances vieillissent mal. Celles qui valent la lecture ne parlent pas vraiment de nouveauté ; elles parlent d'ingrédients denses en nutriments, agréables à cuisiner, et produits d'une manière qui tiendra encore debout dans dix ans. Ces sept-là cochent les trois cases. Aucun ne règle quoi que ce soit à lui seul, et nous avons tâché tout du long de distinguer soigneusement ce qu'un ingrédient contient réellement de ce qu'on lui prête parfois.
1. Le moringa
Ce que c'est : la feuille de Moringa oleifera, un arbre à croissance rapide et résistant à la sécheresse, originaire du piémont sub-himalayen et aujourd'hui cultivé sous les tropiques. Séchée puis infusée en thé ou moulue en poudre fine.
Pourquoi il mérite sa place : c'est un légume-feuille sous forme concentrée, et pour un seul ingrédient il couvre un éventail nutritionnel inhabituellement large — protéines végétales contenant les neuf acides aminés essentiels, fibres, calcium, potassium, fer, vitamine C et bêta-carotène. Les chiffres exacts varient selon la récolte et le séchage : lisez tout chiffre isolé comme une estimation.
Quel goût il a : vert et herbacé avec une finale légèrement poivrée, plus proche de la roquette que du matcha. Le moringa appartient au même ordre botanique que la moutarde et le cresson, ce qui explique ce mordant.
Comment l'utiliser : deux cuillères à café de poudre dans un smoothie, un porridge ou une vinaigrette au citron — toujours hors du feu, car l'ébullition éteint la couleur et le goût. Ou un sachet, eau juste avant l'ébullition autour de 93 °C, trois à cinq minutes.
2. Les graines de tournesol
Pourquoi elles méritent leur place : les graines de tournesol comptent parmi les meilleures sources faciles à trouver de vitamine E, l'antioxydant liposoluble, et apportent en plus du sélénium, du magnésium et des graisses insaturées. Une petite poignée est une contribution réellement utile à l'apport quotidien des quatre.
Quel goût elles ont : doux et de noisette ; nettement meilleures torréfiées, ce qui prend environ quatre minutes dans une poêle sèche.
Comment les utiliser : sur des salades et des yaourts, mêlées à du granola, ou mixées dans une sauce à la place du tahini. Gardez-les au réfrigérateur — les mêmes graisses insaturées qui les rendent intéressantes les font rancir vite à température ambiante.
3. L'hibiscus
Ce que c'est : le calice séché d'Hibiscus sabdariffa, infusé en Afrique de l'Ouest, aux Caraïbes et en Amérique latine sous les noms de bissap, sorrel ou agua de jamaica bien avant d'apparaître sur une liste bien-être occidentale.
Pourquoi il mérite sa place : il est naturellement sans caféine, ne contient pas de sucre sauf si vous en ajoutez, et porte les anthocyanes responsables de sa couleur extraordinaire. L'hibiscus et les paramètres cardiovasculaires font l'objet de recherches nutritionnelles en cours ; les essais humains menés jusqu'ici sont petits et courts, et le résumé honnête est « intéressant, non tranché ».
Quel goût il a : vivement acidulé et proche de la canneberge, avec une couleur rubis profonde qui tient sur glace. Il supporte le sucre mieux que presque toute autre infusion.
Comment l'utiliser : notre mélange à l'hibiscus s'infuse chaud ou sur glace ; un peu de miel et un zeste d'orange en sont la finition classique.
4. Le curcuma
Pourquoi il mérite sa place : le curcuma est au cœur de la cuisine sud-asiatique et de la pratique ayurvédique depuis des millénaires, et son pigment, la curcumine, compte parmi les composés végétaux les plus étudiés de la science nutritionnelle. Il compte aussi parmi les plus surestimés. La curcumine est mal absorbée seule, ce qui explique précisément que les associations traditionnelles — avec le poivre noir et avec du gras — se révèlent être de la bonne chimie autant que de la bonne cuisine.
Quel goût il a : terreux, légèrement amer, un peu résineux ; chaud plutôt que piquant.
Comment l'utiliser : en golden milk, fait correctement — laissez frémir du curcuma moulu dans du lait avec un tour de poivre noir et un peu d'huile de coco ou de ghee, c'est cela qui met réellement la curcumine en solution. Il a aussi sa place dans le riz, les lentilles, le chou-fleur rôti et les œufs. Notre mélange au curcuma l'associe à la feuille de moringa pour une voie quotidienne plus simple.
5. Les céréales pérennes et régénératives
Ce que c'est : des céréales comme le Kernza, un parent pérenne du blé, sélectionné pour être récolté année après année sur le même semis plutôt que ressemé chaque saison.
Pourquoi elles méritent leur place : c'est davantage une histoire de durabilité qu'une histoire de nutrition, et c'est une vraie histoire. Les racines pérennes descendent plusieurs fois plus profond que celles du blé annuel, ce qui retient le sol, améliore l'infiltration de l'eau et maintient carbone et nutriments dans la terre entre les récoltes.
Quel goût elles ont : sucré et nettement noisetté. Le Kernza apparaît dans des céréales, des crackers et, de plus en plus, de la bière.
6. Les boissons végétales au-delà de l'avoine et de l'amande
Pourquoi elles méritent leur place : le rayon des boissons végétales est devenu discrètement l'un des endroits les plus intéressants pour faire un choix écologique sans effort. Le lait de pomme de terre, vendu en Europe sous le nom de DUG, en est l'exemple le plus net — la pomme de terre est une culture efficace à l'hectare et au litre d'eau, et l'empreinte climatique annoncée du produit est une fraction de celle du lait. Les boissons à base de protéines de pois valent aussi le détour, puisqu'elles apportent nettement plus de protéines que l'amande ou l'avoine.
Ce qu'il faut vérifier : lisez l'étiquette pour les sucres ajoutés, et regardez si elle est enrichie en calcium et en vitamines D et B12. Une boisson végétale non enrichie n'est pas nutritionnellement interchangeable avec le lait, quoi que suggère le devant de la brique.
7. Le yuzu
Ce que c'est : un agrume d'Asie de l'Est, cultivé surtout au Japon, en Corée et en Chine, à l'écorce bosselée et très peu juteux au regard de sa taille.
Pourquoi il mérite sa place : la valeur est dans l'écorce. Le zeste de yuzu possède un profil aromatique qu'aucun autre agrume ne donne, et comme les autres agrumes il est une bonne source de vitamine C.
Quel goût il a : pamplemousse et mandarine à la fois, floral et vivement odorant, plus parfumé qu'acide.
Comment l'utiliser : dans le ponzu, dans les vinaigrettes, monté à la mayonnaise, ou en zeste de finition sur un poisson grillé et des légumes rôtis. Le jus de yuzu en bouteille se garde bien au réfrigérateur et une cuillère à café va loin.
Comment s'y mettre pour de bon
Sept nouveaux ingrédients d'un coup, c'est ainsi qu'une liste de courses devient un placard de bocaux à moitié entamés. Choisissez-en deux — un à boire et un pour cuisiner — et utilisez-les jusqu'au bout avant d'ajouter le suivant. Les ingrédients qui changent votre façon de manger sont ceux vers lesquels vous tendez la main sans y penser, et cela ne vient que de la répétition.
Ces déclarations n'ont pas été évaluées par la Food and Drug Administration américaine. Ces produits ne sont pas destinés à diagnostiquer, traiter, guérir ni prévenir une quelconque maladie. Consultez un professionnel de santé qualifié avant de commencer tout nouveau complément ou programme alimentaire.